Mercredi 26 septembre 2007

C’est désormais officiel ! « Arrêt sur images » a été chassé des programmes de France 5. L’émission de Daniel Schneidermann décryptait pour nous chaque dimanche les petites et grandes magouilles de la télévision.

L’émission se voulait libre et indépendante. Sans langue de bois, elle s’attaquait aux dérives de la télévision. Si bien qu’elle sera considérée par Bruce Toussaint, animateur de Canal +, comme « l’émission sado-maso de France 5 ».

On se souviendra en tout cas de ses chroniqueurs atypiques : un anarchiste de droite, une prof de lettres, un spécialiste du cerveau, etc. Décalé, le programme devenait gênant tant pour les grands noms du petit écran que pour les politiques (dont les discours et stratégies de communication étaient décortiqués avec soin).

C’est sur la toile que se sont repliés les courageux journalistes de cette émission devenue subversive. Adieu Arrêt sur images, bonjour @rrêt sur images.

 Il semblerait qu’internet soit encore le dernier espace de la liberté d’expression. Dernier espace de liberté d’ailleurs… et peut-être aussi d’anarchie… Le faux côtoie les vérités dissimulées. Il devient donc difficile pour l’internaute de s’y retrouver. Comment avoir confiance ? Que croire ? Qui croire ?

L’intox est sans doute le prix à payer pour préserver un espace sans censure. Cependant, pour un citoyen candide, la télévision contrôlée et aseptisée est-elle plus dangereuse que le web libéré et vérolé d’informations erronées ?

Une seule certitude, internet est le dernier refuge du citoyen libre.

http://arretsurimages.net/

 

 

Par Mathieu - Publié dans : Télévision
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Jeudi 2 novembre 2006
Réalisé par Gus Van Sant
Date de sortie : 11 octobre 2006
Année de production : 1985
 
Il aura fallu attendre longtemps pour voir enfin en France le premier long-métrage de Gus Van Sant, tourné en noir et blanc et 16 mm. Le réalisateur appartient aux cinéastes de la « contre-Amérique ». Loin des clichés et de l’American dream, son œuvre s’attache à ceux que la société américaine a perdu sur le bord de la route. Une œuvre également déconcertante car difficile de trouver un lien entre d’une part Will Huntig et A la rencontre de Forrester, d’autre part des œuvres en marge du cinéma américain ordinaire comme Mala Noche et Elephant, ou bien encore des œuvres purement expérimentales comme son remake plan par plan du Psychose d’Hitchcock.. Gus Van Sant surprend et prouve par la diversité de son œuvre l’étendue de son talent.
 
Et pourtant, il n’est pas évident de pénétrer dans Mala Noche. Difficile de se faire une place dans cette Amérique qu’on connaît mal. La technique de tournage en noir et blanc crée une distance que le spectateur doit d’abord dépasser ainsi que les changements de langue puisque les personnages parlent espagnol et anglais. Il est d’ailleurs incontestable qu’il est préférable de voir ce film en version sous-titrée si on ne veut pas lui ôter son authenticité. L’histoire met en scène un jeune patron d’épicerie, d’un milieu modeste, qui a un coup de foudre pour un immigré clandestin qui est encore mineur, Johnny. Celui-ci se refuse à lui mais son meilleur ami, également clandestin, profite de la situation pour avoir une liaison avec l’épicier et en tirer des avantages.
 
Mala Noche, c’est donc l’histoire d’un amour qui ne se vit pas et d’une frustration qui en découle. Mais c’est aussi l’histoire d’amitié d’un trio au sein duquel se nouent des relations complexes et ambiguës.
On y retrouve des thèmes auxquels Gus Van Sant semble profondément attaché : la perdition d’une jeunesse, la marginalisation d’une partie de la société américaine qui ne profite pas de l’ American way of life et évolue dans la pauvreté, la violence et les jeux vidéos. Ces personnages sont des perdants aux yeux de la société mais ils ont au moins gagné la naïveté et l’innocence. Loin du monde, ils poursuivent leur quête du bonheur, à l’image de ces immigrés mexicains qui risquent leur vie en entrant aux Etats-Unis dans l’espoir d’une vie meilleure, et en adoptant une vie au jour le jour, ils s’éloignent de la peur du lendemain et jouissent de l’instant présent. Mala Noche est bien un carpe diem qui s’enracine dans la candeur comme mode d’accès au bonheur.
Par Mathieu - Publié dans : Cinéma
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Mardi 31 octobre 2006
Date de sortie: 11 octobre 2006
Réalisé par Zabou Breitman
Avec Bernard Campan, Charles Berling, Léa Drucker...
On se rappelle encore l’ émotion provoquée par « se souvenir des belles choses » et le regard si tendre et singulier de la réalisatrice, Zabou Breitman, sur le sentiment amoureux… On la suit donc sans hésitation dans ce nouveau long métrage qui nous invite au cœur de la naissance de ce trouble que crée en nous l’amour.
 
Frédéric et Frédérique forment un couple heureux, au sein d’une grande famille heureuse, qui passe des vacances heureuses dans sa maison au milieu de la Drôme. Un univers champêtre et familial qui se trouble soudain quand ils invitent Hugo, leur voisin, à dîner. Celui-ci ne cache pas son homosexualité qui se double d’une vie sans attache amoureuse et nourrie de rencontres d’un soir. Frédéric et Hugo, restés seuls, évoquent leurs vies si différentes dans une longue discussion qui durera jusqu’à l’aube… La relation qu’ils nouent ainsi va transformer ces vacances banales en un moment clé pour eux mais aussi pour ceux qui les entourent…
 
Ce film est réussi tant d’un point de vue diégétique que technique. Cette histoire résonne en nous en mettant en lumière un véritable questionnement sur le couple, la fidélité, la naissance du sentiment amoureux… Zabou Breitman n’a pas choisi un personnage mal dans son couple et dans sa vie. Le film en aurait sûrement été plus convenu. Elle prend le contre-pied de ce topos et nous plong e dans une ambiance décontractée : des vacances en famille dans une maison de campagne… Une série de plans presque poétiques parcourent le film, comme une galerie d’instants délicieux que nous offre la vie : les enfants jouant au ballon au bord de la rivière, une adolescente jouant de la guitare, des parents jouant avec leur enfant… Grâce à tous ces instants, le film sonne vrai, comme dans les moments d’intimité du couple de Frédéric. On notera également d’autres scènes particulièrement riches. Ainsi, une scène tournée dans la cuisine, la caméra au ras du sol nous donne uniquement à voir un ballet de pieds qui se révèle n’être que le déplacement ordinaire des membres de la famille. Ou bien encore, cette magnifique séquence pendant laquelle le spectateur devient un miroir devant lequel chaque personnage défile et dévoile sa personnalité, ses failles, ses forces et ses faiblesses. Le réalisme vient aussi de la diversité des personnages qui composent cette étrange famille : la grand-mère bienveillante qui n’hésite pas à évoquer sa sexualité à mots couverts avec Hugo, la jeune fille au pair mal dans sa peau et vêtue de noir, le pré-ado timide qui cherche à attirer l’attention et se livre à toutes sortes d’expériences pour satisfaire sa curiosité, l’enfant en pleine phase oedipienne qui ne rêve que de tuer son père et de dormir aux côtés de sa mère dans le lit conjugal, etc.
 
Tous ces détails renvoient à cette phrase d’Hugo qui confie à Frédéric que ce qui est formidable dans la magie c’est qu’on ne regarde jamais là où « ça » se passe. C’est exactement ce que fait la réalisatrice. Elle détourne notre regard de « là où ça se passe ».
 
Enfin, comment ne pas parler du traitement du temps dans ce film ? L’histoire est atemporelle et aucun détail temporel ne nous est donnée. De même, aucune indication en ce qui concerne la durée… L’histoire avance mais est morcelé par les images de la soirée que Frédéric et Hugo ont passée à discuter. Cela casse véritablement le déroulement du temps et perd le spectateur dans un espace atemporel. Finalement, peu importe, ce qui reste est bien plus précieux et c’est l’essence de ce film : une exploration atypique de l’amour.
Par Mathieu - Publié dans : Cinéma
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Jeudi 21 septembre 2006

 

Depuis quelques semaines, les « sans-papiers » sont à la une des JT. Le débat fait rage et cristallise toutes les frustrations et peurs de notre société. Encore une fois, le bipartisme s’installe. Il y a donc les gens de droite qui sont contre la régularisation et ceux de gauche qui sont pour. Cette stigmatisation est désormais habituelle dans tous les débats politiques qui occupent la France. Or, elle pose de nombreux problèmes. En effet, dans une France qui bat des records d’abstention lors des élections et dont la population tend à se dépolitiser, peut-on revendiquer un clivage si radical ? Les centristes ont-ils disparus ? Où est l’autonomie politique et intellectuelle des citoyens s’ils doivent se ranger derrière la pensée d’une couleur politique ? Que faire de ceux qui refusent d’être de gauche ou de droite ? N’ont-ils plus droit au chapitre ? De quel droit certains classent-ils les gens dans une case politique en fonction de leurs idées sur un point précis ? Où est la liberté ? Citoyens, vous devez choisir votre clan, la modération est bannie. Si vous n’avez pas de couleur politique, vous êtes badins.

Et choisir son clan dans cette guerre n’est pas aisé. En effet, rallier les idées de droite revient à s’exposer à l’insulte suprême de notre démocratie : fascistes. Ce terme devient d’ailleurs récurrent sur les ondes. On l’utilise à toutes les sauces, lui ôtant son passé odieux et insoutenable. Rallier les idées de gauche, c’est s’exposer à une autre insulte tout aussi méprisante : démagogues. Faîtes votre choix : voulez-vous être fascistes ou démagogues ? Choix difficile…

Il faut désormais du courage pour refuser d’appartenir à un clan politique. Il faut le courage de porter ses idées et d’être sourd aux insultes.

Fascistes, démagogues, déclinologues, marchands de rêve… Où est la tolérance politique ? Où est le débat ? Où est la politique ? La politique devrait être l’art de vivre ensemble, l’art de s’écouter les uns les autres pour trouver une solution. Mais en ralliant une couleur politique et en se radicalisant, comment peut-on écouter l’autre ? Il ne s’agit plus de convaincre l’autre… il s’agit désormais de ne pas céder.

Il en résulte des débats stériles.

 

 

 

Alors, que faire de nos « sans-papiers » ? Quelle inhumanité de ne pas vouloir les régulariser ! Le problème semble réduit à cette assertion. Et s’il était plus complexe… N’est-il pas inhumain de piller les ressources des pays du tiers-monde, poussant ainsi leur population à l’exode? N’est-il pas inhumain de régulariser des gens sans pouvoir leur offrir une situation stable et viable ? Ils ont fuis la misère… sommes-nous actuellement en mesure de leur offrir autre chose ? On entend que la France vieillit et qu’il faudra bientôt de la main d’œuvre… Si les gens partent à la retraite, ne vaut-il pas mieux saisir cette occasion pour réduire notre taux de chômage anormalement élevé ? Certains veulent faire croire que l’Etat Français est riche… Sommes-nous aveugles ? Ne voyons-nous pas la situation financière de nos ministères et de nos institutions ? La France, beaucoup le disent, est en déclin… Peut-elle se permettre dans ces conditions de régulariser ces clandestins ? Oui, sans doute. Mais, pensons au conséquence, pensons à l’espoir que nous donnerons à d’autres futurs clandestins. L’Espagne adopte une autre politique d’immigration. Mais l’Espagne ne connaît pas la même situation économique que nous. Nous avons fait du mal à l’Afrique pendant la période coloniale… Ils sont indépendants désormais. Comment vouloir être indépendants en entretenant une dépendance ?

Pourtant, nous sommes le pays des Droits de l’Homme ! Est-ce réellement le cas ? Regardez autour de vous.

De tels propos sont pour certains insoutenables. Ils semblent pragmatiques et inhumains.

Il reste qu’on ne peut tolérer l’inhumanité. Il reste qu’il faut aider ceux qui sont dans la misère à nos portes… Ils sont nombreux dans les rues, avec ou sans papiers… Que faire alors ?

Et si plutôt que de soigner les conséquences, on s’occupait des causes ? Ne faut-il pas faire en sorte que la situation politique et économique des pays fuis soient améliorées pour ne plus pousser leur population à s’expatrier ?

Sur ce point, tout le monde tombe d’accord. Malheureusement, le consensus n’est pas intéressant à quelques mois des élections…

Alors, Citoyens, choisissez votre clan…

 

Par Mathieu - Publié dans : Actualité
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Jeudi 21 septembre 2006

 

 

Chacun sa drogue ! C’est le message apparent que Darren Aronofsky semble vouloir nous transmettre.

 

Sara Goldfarb vit seule et court après son rêve : participer à son émission télévisée préférée. Elle se lance dans un régime afin de pouvoir revêtir sa plus belle robe lorsque le « grand soir » sera venu. Se gavant de coupe-faim, elle finit par développer une dépendance vis à vis de ses médicaments qui lui provoquent des hallucinations.

Son fils, Harry, a quant à lui depuis longtemps déjà cédé à la drogue pour rejoindre un monde plus doux. En compagnie de sa petite amie et de son copain, il est obsédé par la recherche de sa prochaine dose. Devenu esclave de son poison, il prend conscience de l’addiction de sa mère ne trouve pas assez de lucidité pour l’aider à s’en sortir.

Ces quatre personnages en quête d’une vie meilleure sont entraînés dans un puit sans fond. Dans leur chute, ils découvrent l’angoisse et se dégradent chaque jour un peu plus.

 

Aronofsky pose un problème intéressant. Sommes-nous tous accros ? Jusqu’où cela peut-il nous mener ?

Dans une société où la consommation à outrance est devenue la règle, sommes nous tous devenus accros ? Accros à la drogue, à l’alcool, au tabac, au chocolat, à la bouffe, à la télé, au cinéma, à la mode, à la beauté, à l’amour, à la haine, au sexe… L’addiction est-elle devenue une norme ? Et que cache-t-elle en fait ?

Bien plus qu’une société matérialiste, nos addictions révèlent une société de l’ennui. Les gens s’ennuient tellement qu’ils détournent leur attention sur un produit qu’ils pourront consommer sans fin. Peu importe le produit, nous avons tous notre drogue. Peu importe le prix, il nous faut notre dose. Et quand on n’a pas l’argent, la combine s’installe. Le piratage apparaît sur internet et se répand. La chirurgie esthétique s’envole. Toujours plus, toujours plus beaux, toujours plus de rêve. Toujours fuir l’ennui en quête d’un bonheur, même s’il devient artificiel.

 

Par Mathieu - Publié dans : Cinéma
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