Depuis quelques semaines, les « sans-papiers » sont à la une des JT. Le débat fait rage et cristallise toutes les frustrations et peurs de notre société. Encore une fois, le bipartisme s’installe. Il y a donc les gens de droite qui sont contre la régularisation et ceux de gauche qui sont pour. Cette stigmatisation est désormais habituelle dans tous les débats politiques qui occupent la France. Or, elle pose de nombreux problèmes. En effet, dans une France qui bat des records d’abstention lors des élections et dont la population tend à se dépolitiser, peut-on revendiquer un clivage si radical ? Les centristes ont-ils disparus ? Où est l’autonomie politique et intellectuelle des citoyens s’ils doivent se ranger derrière la pensée d’une couleur politique ? Que faire de ceux qui refusent d’être de gauche ou de droite ? N’ont-ils plus droit au chapitre ? De quel droit certains classent-ils les gens dans une case politique en fonction de leurs idées sur un point précis ? Où est la liberté ? Citoyens, vous devez choisir votre clan, la modération est bannie. Si vous n’avez pas de couleur politique, vous êtes badins.
Et choisir son clan dans cette guerre n’est pas aisé. En effet, rallier les idées de droite revient à s’exposer à l’insulte suprême de notre démocratie : fascistes. Ce terme devient d’ailleurs récurrent sur les ondes. On l’utilise à toutes les sauces, lui ôtant son passé odieux et insoutenable. Rallier les idées de gauche, c’est s’exposer à une autre insulte tout aussi méprisante : démagogues. Faîtes votre choix : voulez-vous être fascistes ou démagogues ? Choix difficile…
Il faut désormais du courage pour refuser d’appartenir à un clan politique. Il faut le courage de porter ses idées et d’être sourd aux insultes.
Fascistes, démagogues, déclinologues, marchands de rêve… Où est la tolérance politique ? Où est le débat ? Où est la politique ? La politique devrait être l’art de vivre ensemble, l’art de s’écouter les uns les autres pour trouver une solution. Mais en ralliant une couleur politique et en se radicalisant, comment peut-on écouter l’autre ? Il ne s’agit plus de convaincre l’autre… il s’agit désormais de ne pas céder.
Il en résulte des débats stériles.
Alors, que faire de nos « sans-papiers » ? Quelle inhumanité de ne pas vouloir les régulariser ! Le problème semble réduit à cette assertion. Et s’il était plus complexe… N’est-il pas inhumain de piller les ressources des pays du tiers-monde, poussant ainsi leur population à l’exode? N’est-il pas inhumain de régulariser des gens sans pouvoir leur offrir une situation stable et viable ? Ils ont fuis la misère… sommes-nous actuellement en mesure de leur offrir autre chose ? On entend que la France vieillit et qu’il faudra bientôt de la main d’œuvre… Si les gens partent à la retraite, ne vaut-il pas mieux saisir cette occasion pour réduire notre taux de chômage anormalement élevé ? Certains veulent faire croire que l’Etat Français est riche… Sommes-nous aveugles ? Ne voyons-nous pas la situation financière de nos ministères et de nos institutions ? La France, beaucoup le disent, est en déclin… Peut-elle se permettre dans ces conditions de régulariser ces clandestins ? Oui, sans doute. Mais, pensons au conséquence, pensons à l’espoir que nous donnerons à d’autres futurs clandestins. L’Espagne adopte une autre politique d’immigration. Mais l’Espagne ne connaît pas la même situation économique que nous. Nous avons fait du mal à l’Afrique pendant la période coloniale… Ils sont indépendants désormais. Comment vouloir être indépendants en entretenant une dépendance ?
Pourtant, nous sommes le pays des Droits de l’Homme ! Est-ce réellement le cas ? Regardez autour de vous.
De tels propos sont pour certains insoutenables. Ils semblent pragmatiques et inhumains.
Il reste qu’on ne peut tolérer l’inhumanité. Il reste qu’il faut aider ceux qui sont dans la misère à nos portes… Ils sont nombreux dans les rues, avec ou sans papiers… Que faire alors ?
Et si plutôt que de soigner les conséquences, on s’occupait des causes ? Ne faut-il pas faire en sorte que la situation politique et économique des pays fuis soient améliorées pour ne plus pousser leur population à s’expatrier ?
Sur ce point, tout le monde tombe d’accord. Malheureusement, le consensus n’est pas intéressant à quelques mois des élections…
Alors, Citoyens, choisissez votre clan…